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« Les actions de justice doivent être menées dans un cadre réglementaire », DJIBRILE BASSOLE

L’homme après les événements de fin octobre 2014 s’était éclipse, donc loin des radars de la presse  pour observer le clivage politique national. Mais il ne tardera a briser ce silence dès l’annonce de sa candidature à la présidentielle d’octobre prochain. Dijibril, Yipené Bassolé, puisque c’est de ce Général de brigade qu »il s’agit, a été l’invité de Radio France Internationale(R FI). C’est sans langue de bois qu’il répond à la radio mondiale.   
-Vous êtes l’un des rares dignitaires de l’ancien régime dont la maison n’a pas été incendiée à Ouagadougou le 30 octobre dernier, pourquoi ?
J’ai été épargné du merci des manifestants qui ne se sont pas emportés à mes biens. Je considérais que j’étais parmi ceux qui manifestaient beaucoup de prudences et de précautions dans la mis en œuvre du projet. Vous vous souviendrez vous-même en 2011 lors de l’entretien que nous avons eu sur RFI. J’attirais l’attention des burkinabè et de la classe dirigeante sur les risques, les dérives possibles liés au projet de modification de l’article 37.
Avez-vous mis en garde blaise Compaoré ?
Oui, c’était assez clair.
Etiez-vous en contact avec le Balai citoyen de Guy Hervé Kam ?
Non pas pour autant. Je le connais bien par contre, mais on n’avait pas en particulier d’affinités concertées.

 

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Est-ce que la France a joué un rôle dans la chute de Blaise compaoré ?
Rôle dans la chute de Blaise COMPAORE, c’est-à dire ?
Est-ce que la France a poussé le Président vers la sortie ?
Non, non je ne crois pas. La France comme d’autres puissances amies ont pu donner des conseils par rapport à l’évolution de la situation. Mais par rapport aux évènements des 30 et 31 octobre, la France a prêté des moyens, une aide humaine et matérielle nécessaire pour exfiltrer le Président sur la Cote d’Ivoire. En dehors de cela, je ne crois pas qu’il eût un rôle particulier déjoué par la France.
Dans sa lettre du 10 octobre invitant Blaise Compaoré à viser la Francophonie et non à un troisième mandat, est-ce que François hollande n’a pas d’une certaine façon poussé Blaise compaoré vers sa sortie ?
Pousser pour sa sortie, non, je crois que le président français qui était bien placé pour le savoir, proposait de passer par le canal diplomatique à l’époque. Il lui proposait de postuler pour la francophonie au lieu d’insister à modifier l’article 37. Cette offre n’a pas été acceptée par le président COMPAORE à l’époque. On ne peut pas dire que le président français ait poussé Blaise COMPAORE vers la sortie. Je crois que c’était une offre comme une autre pour justement éviter que le projet de modification de l’article 37 aille à son terme
Qu’est-ce que vous dites aujourd’hui de tous ces présidents africains comme Sassou N’Guesso, Joseph Kabila, Paul Kagamé qui sont tentés par un troisième mandat ?
Je ne dis rien de tout, je ne me permettrais pas dans ma position actuelle de faire des leçons à ces présidents. Qu’ils soient plus à l’écoute de leurs peuples et que toutes les décisions qu’ils seront menés à prendre puissent maintenir l’adhésion de la majorité des populations en particulier des jeunes.
Que pensez-vous de la vague d’arrestations des membres du Mouvement citoyen sénégalais, burkinabé et congolais, c’était a Kinshasa il ya un mois ?
Dieu merci, qu’ils aient été libérés.
En ce qui concerne les étrangers mais pas les congolais ?
Me demander mon appréciation des dispositions internes, je pense qu’on peut également préconiser que ces citoyens se soient pas persécutés et si action judiciaire il ya, que ca soit dans des conditions légales et réglementaires.
Est-ce que vous êtes pour ou contre le principe de la nouvelle règle de l’Union africaine ?
Mais, je pense que l’alternance aujourd’hui est le mode de gouvernance qui correspond mieux aux aspirations des populations. Il est clair que si un individu ou groupe d’individu confisque le pouvoir pendant très longtemps, il peut effectivement s’avérer que les maux en général de la société, les problèmes non résolus la mal gouvernance, que tous ces maux soient attribués à ce groupe d’individus qui restent au pouvoir pendant longtemps.

Interview réalisée par RFI et retranscrite par Diane Sawadogo